
Périménopause et ménopause : quels effets sur la sexualité et le désir ?
15 septembre 2026 · 7 min de lecture
Bouffées de chaleur, fatigue, sommeil perturbé, changements du corps… La périménopause et la ménopause peuvent provoquer de nombreux bouleversements.
Mais il y a un sujet dont on parle encore trop peu : la sexualité.
Baisse du désir, sécheresse vaginale, douleurs pendant les rapports, difficulté à se sentir désirable, changement du rapport au corps ou simplement impression de ne plus fonctionner « comme avant »…
Ces changements peuvent être déstabilisants. Pourtant, ils sont loin d'être rares et surtout, ils ne signifient pas que votre sexualité est terminée.
Alors, que se passe-t-il réellement pendant cette période ? Et comment retrouver une sexualité qui vous convient ?
Périménopause et ménopause : quelle différence ?
La ménopause ne survient pas du jour au lendemain.
Avant l'arrêt définitif des règles, il existe une période de transition appelée périménopause (ou préménopause) qui peut commencer entre 35 et 40 ans avec la chute des œstrogènes et de la progestérone. Les cycles peuvent devenir irréguliers et différents symptômes peuvent apparaître progressivement. Cette période dure souvent plusieurs années, avec une durée variable selon les femmes.
La ménopause est ensuite considérée comme installée lorsque les règles ont disparu depuis 12 mois consécutifs, généralement autour de 50 ans.
Et contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, ce n'est pas simplement « la fin des règles ».
Les changements hormonaux peuvent avoir des répercussions sur de nombreux aspects de la vie quotidienne… y compris la sexualité.
Pourquoi le désir peut-il changer ?
La baisse du désir pendant la périménopause ou la ménopause peut avoir plusieurs causes.
Et c'est justement pour cela qu'il est intéressant de ne pas chercher une explication unique.
🧠 La fatigue et le sommeil
Les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes peuvent perturber le sommeil. À cela peuvent s'ajouter le stress, l'anxiété ou les changements d'humeur.
Quand on est épuisée, il n'est pas toujours évident d'avoir envie de sexualité.
Le cerveau peut parfois être davantage préoccupé par :
Comment vais-je survivre à ma journée ?
que par :
Et si on faisait l'amour ? 😅
Les troubles du sommeil, la fatigue, l'anxiété et les variations de l'humeur font partie des symptômes pouvant accompagner cette période.
🪞 Le rapport au corps peut changer
La ménopause peut également s'accompagner de transformations corporelles : modification de la silhouette, prise de poids, changements de la peau ou des cheveux, par exemple.
Or, notre rapport au désir passe aussi par la manière dont nous nous percevons.
Il peut être difficile de se sentir désirable lorsque l'on ne reconnaît plus tout à fait son corps.
Et parfois, le problème n'est donc pas seulement :
Je n'ai plus envie de sexe.
mais plutôt :
J'ai du mal à me sentir bien dans mon corps et à me laisser regarder ou toucher.
Ce sont deux problématiques différentes, même si elles peuvent se rejoindre.
La sécheresse vaginale peut aussi changer la sexualité
Avec la baisse des hormones sexuelles, une sécheresse vulvovaginale peut apparaître ou s'accentuer.
Elle peut provoquer de l'irritation, des brûlures ou des douleurs pendant les rapports, et avoir des conséquences sur le plaisir et le désir. Des troubles urinaires peuvent également être plus fréquents.
Et il n'est pas très difficile d'imaginer ce qui peut se passer ensuite :
Rapport douloureux → appréhension → moins de plaisir → moins d'envie → évitement → encore plus d'appréhension.
Le corps apprend parfois très vite à anticiper ce qui lui fait mal.
Dans cette situation, il ne suffit donc pas forcément de se dire :
Il faut que je retrouve ma libido.
Il faut aussi prendre en compte la douleur et le confort physique.
Des lubrifiants ou hydratants vaginaux peuvent notamment améliorer le confort sexuel en cas de sécheresse. Un traitement hormonal local peut également être proposé dans certaines situations par un professionnel de santé.
Et si je n'ai plus envie du tout ?
Il est possible que le désir diminue pendant cette période.
Mais il est important de faire la différence entre :
Mon désir a changé
et
Je souffre du changement de mon désir.
Il n'existe pas de quantité universelle de désir sexuel à avoir à 45, 50 ou 55 ans.
Certaines personnes vivent très bien cette évolution.
D'autres la vivent beaucoup moins bien, notamment lorsque la baisse du désir est brutale, qu'elle crée des tensions dans le couple ou qu'elle donne l'impression de perdre une partie de soi.
Dans ce cas, cela mérite d'être exploré.
Le désir n'est pas uniquement une histoire d'hormones
C'est un point particulièrement important.
Les hormones peuvent jouer un rôle dans la sexualité, mais elles ne sont pas les seules responsables du désir.
Le désir dépend aussi du contexte, de la relation, du stress, de la fatigue, du rapport au corps, de l'histoire personnelle, des habitudes sexuelles et de la manière dont on vit son intimité.
Et il peut également évoluer avec le temps.
Par exemple, certaines personnes découvrent que leur désir devient moins spontané et davantage réactif : l'envie peut apparaître après un moment de proximité, de tendresse, de stimulation ou d'excitation, plutôt qu'avant tout contact.
Cela ne signifie pas forcément que le désir a disparu.
Il peut simplement fonctionner différemment.
Et dans le couple ?
La ménopause peut également avoir des conséquences sur la vie à deux.
Lorsque l'un des partenaires constate une baisse du désir, plusieurs interprétations peuvent apparaître :
Elle ne me désire plus.
Il y a quelque chose qui ne va plus entre nous.
Je ne lui plais plus.
Notre sexualité est terminée.
Ces pensées peuvent rapidement créer de la pression et des malentendus.
Pourtant, une baisse du désir liée à la périménopause ou à la ménopause ne signifie pas nécessairement une baisse de l'amour ou de l'attachement envers son partenaire.
Il peut être utile d'en parler, sans chercher immédiatement à retrouver « la sexualité d'avant ».
La question peut plutôt devenir :
« Quelle sexualité nous conviendrait aujourd'hui ? »
Parce qu'une sexualité peut évoluer sans disparaître.
Il n'y a pas que la pénétration
Lorsque les rapports pénétratifs deviennent douloureux ou moins agréables, cela peut être l'occasion de sortir d'une vision très restrictive de la sexualité.
La sexualité peut aussi être :
💋 des baisers
🤗 de la tendresse
🔥 des caresses
😏 de l'exploration
💬 des échanges et des fantasmes
❤️ de la complicité
🌿 simplement du plaisir partagé
Il n'y a pas d'obligation de faire exactement comme avant.
Et il n'y a surtout pas d'obligation d'avoir mal pour « continuer à avoir une vie sexuelle ».
Que peut-on faire ?
La première étape consiste souvent à ne pas rester seule avec ce que l'on vit.
Si des symptômes physiques sont présents, un médecin, un gynécologue ou une sage-femme peuvent aider à faire le point et proposer une prise en charge adaptée. Le traitement hormonal de la ménopause peut notamment être envisagé dans certaines situations, après évaluation individuelle des bénéfices et des risques.
Il existe également des solutions pour améliorer la sécheresse et le confort vulvovaginal, selon la situation.
Et lorsque les difficultés concernent davantage le désir, le rapport au corps, les douleurs vécues dans l'intimité, la confiance, le couple ou la manière de retrouver une sexualité satisfaisante, un accompagnement en sexothérapie peut être complémentaire.
L'objectif n'est pas de vous obliger à retrouver une libido « comme avant ».
Il s'agit plutôt de comprendre ce qui a changé et de voir ce qui pourrait vous convenir aujourd'hui.
Ménopause et sexualité : vous n'avez pas à choisir entre « subir » et « retrouver votre jeunesse »
La ménopause est une étape naturelle de la vie.
Mais naturelle ne veut pas dire qu'il faut tout subir en silence.
Si votre corps change, votre sexualité peut changer elle aussi.
Cela ne signifie pas qu'elle devient moins importante, moins légitime ou moins agréable.
Elle peut simplement avoir besoin d'être repensée.
Alors non, la ménopause ne signe pas la fin de la sexualité.
Elle peut simplement marquer le début d'une nouvelle manière de l'habiter. 🌿
Et si quelque chose vous gêne, vous fait souffrir ou vous questionne, vous avez parfaitement le droit d'en parler.
Sans honte.
Sans obligation de « redevenir comme avant ».
Et sans attendre que le problème devienne énorme pour demander de l'aide.
Crédit image de magnific
