
Transidentité et sexualité : comprendre les questionnements et trouver sa place
29 août 2026 · 7 min de lecture
La transidentité peut amener de nombreuses questions sur son identité, son corps, ses relations et sa sexualité.
Est-ce que je suis transgenre ?
Comment savoir si mon identité de genre correspond à ce que je ressens vraiment ?
Comment vivre ma sexualité avec un corps qui ne me ressemble pas toujours ?
Comment en parler à mon ou ma partenaire ?
Ces questionnements peuvent être intimes, parfois difficiles à exprimer, et chacun les traverse à sa manière.
La transidentité n'est pas une maladie et n'est pas un trouble à soigner. Il s'agit de la situation d'une personne dont l'identité de genre ne correspond pas, ou ne correspond pas entièrement, au sexe qui lui a été assigné à la naissance.
Qu'est-ce que la transidentité ?
Le terme transidentité désigne le fait qu'une personne ne se reconnaît pas, ou pas complètement, dans le genre qui lui a été assigné à la naissance.
Une personne peut par exemple avoir été assignée fille à la naissance et se reconnaître comme homme, ou avoir été assignée garçon et se reconnaître comme femme.
Certaines personnes se reconnaissent dans une identité masculine ou féminine. D'autres peuvent se reconnaître dans une identité non binaire, c'est-à-dire ne correspondant pas exclusivement aux catégories « homme » ou « femme ».
Il n'existe donc pas une seule manière d'être une personne trans.
Certaines personnes souhaitent modifier leur prénom, leur apparence ou leur manière d'être perçues socialement. Certaines entreprennent une transition médicale ou hormonale, d'autres non.
Il n'existe pas de parcours obligatoire pour être légitime dans son identité.
Se questionner sur son identité de genre
Se questionner sur son genre peut prendre différentes formes.
Certaines personnes ressentent très tôt que le genre qui leur a été attribué ne leur correspond pas. Pour d'autres, les questionnements apparaissent beaucoup plus tard, parfois à l'adolescence ou à l'âge adulte.
On peut également avoir du mal à mettre des mots sur ce que l'on ressent.
Il n'est pas nécessaire d'avoir immédiatement une réponse définitive à la question :
Quel est mon genre ?
L'exploration peut prendre du temps.
Il est possible de se questionner, d'essayer un prénom ou des pronoms, de réfléchir à son rapport à son corps ou à la manière dont on souhaite être perçu·e, sans devoir prendre immédiatement une décision concernant une éventuelle transition.
Transidentité et rapport au corps
Le rapport au corps peut être particulièrement complexe pour certaines personnes trans.
Certaines parties du corps peuvent provoquer un malaise important parce qu'elles rappellent le genre qui leur a été assigné à la naissance. On parle parfois de dysphorie de genre lorsque ce décalage entre l'identité de genre et certains aspects du corps ou de la manière dont on est perçu entraîne une souffrance.
Mais toutes les personnes trans ne ressentent pas de dysphorie.
Et surtout, être trans ne signifie pas nécessairement être mal dans son corps.
Certaines personnes souhaitent modifier leur apparence ou leur corps, tandis que d'autres ne ressentent pas ce besoin.
Chaque parcours est différent.
Et la sexualité dans tout ça ?
Les questionnements autour du genre peuvent naturellement avoir des répercussions sur la vie intime.
Le rapport au corps peut influencer la manière dont on se sent pendant un rapport sexuel, la façon dont on souhaite être touché·e, les parties de son corps que l'on accepte de montrer ou encore les mots que l'on souhaite employer pour parler de son anatomie.
Une personne peut également avoir besoin de redéfinir ce qui lui procure du plaisir après une transition ou simplement au fil de l'évolution de son rapport à elle-même.
Il n'existe cependant pas de sexualité « trans ».
Les personnes trans ont, comme les personnes cisgenres, des orientations sexuelles, des préférences, des envies et des limites extrêmement diverses.
L'identité de genre et l'orientation sexuelle sont deux choses différentes.
Être une femme trans ne signifie pas être attirée par les hommes. Être un homme trans ne signifie pas être attiré par les femmes. Une personne trans peut être hétérosexuelle, homosexuelle, bisexuelle, pansexuelle, asexuelle ou utiliser un autre terme pour définir son orientation.
Peut-on avoir du désir lorsque l'on est mal à l'aise avec son corps ?
Le désir sexuel peut être influencé par la manière dont on se sent dans son corps.
Lorsqu'une personne est très préoccupée par son apparence, certaines situations sexuelles peuvent devenir source d'anxiété ou de malaise.
On peut par exemple avoir peur que son ou sa partenaire regarde une partie du corps que l'on n'aime pas, éviter certaines positions ou certaines formes d'intimité, ou avoir des difficultés à se laisser aller.
Cela ne signifie pas que la personne « a un problème sexuel ».
Il peut simplement être nécessaire de retrouver progressivement un sentiment de sécurité et de liberté dans son propre corps.
Transidentité et couple
Lorsqu'une personne se questionne sur son identité de genre alors qu'elle est déjà en couple, de nombreuses questions peuvent apparaître.
Comment mon/ma partenaire va-t-il ou elle réagir ?
Est-ce que notre couple va survivre à ma transition ?
Est-ce que je peux encore être désiré·e ?
Est-ce que ma partenaire est toujours lesbienne si je me reconnais comme homme ?
Ces situations peuvent être émotionnellement complexes pour les deux partenaires.
La personne qui se questionne peut ressentir de la peur, de la culpabilité ou la crainte de perdre sa relation.
Le ou la partenaire peut également traverser ses propres questionnements concernant son couple, son orientation sexuelle, son désir et son avenir.
Il n'y a pas nécessairement un « bon » ou un « mauvais » ressenti.
L'important est de pouvoir mettre des mots sur ce que chacun vit, sans imposer à l'autre ce qu'il ou elle devrait ressentir.
Comment accompagner une personne trans ?
L'accompagnement commence souvent par quelque chose de très simple : écouter.
Il n'est pas nécessaire d'avoir toutes les réponses.
Respecter le prénom et les pronoms utilisés par la personne est déjà une manière importante de reconnaître son identité.
Il peut également être utile d'éviter les questions trop personnelles, notamment concernant les opérations, les organes génitaux ou la sexualité, lorsque celles-ci ne sont pas pertinentes dans la relation.
Une personne trans n'a pas à expliquer ou à justifier son corps pour être respectée.
Quand consulter en sexothérapie ?
Une consultation en sexothérapie peut être utile lorsqu'une personne souhaite parler librement de son intimité, de son rapport au corps ou de sa sexualité dans un espace où elle se sent écoutée et respectée.
Cela peut notamment concerner :
les difficultés à accepter ou à habiter son corps ;
les questionnements autour de l'intimité ;
une baisse du désir ;
des difficultés à ressentir du plaisir ;
des difficultés dans la vie sexuelle du couple ;
la communication avec son ou sa partenaire ;
les changements dans la sexualité liés à une transition ;
la peur du regard ou du rejet de l'autre ;
les questionnements autour de son identité ou de son orientation sexuelle.
Une sexothérapie n'a pas pour objectif de déterminer l'identité d'une personne à sa place.
Il ne s'agit pas de convaincre, de dissuader ou de « corriger » une identité de genre.
Le travail consiste plutôt à offrir un espace dans lequel la personne peut explorer ce qu'elle ressent, mettre des mots sur ses difficultés et avancer à son propre rythme.
Lorsque des questions médicales ou psychologiques spécifiques se présentent, un accompagnement complémentaire avec les professionnels concernés peut également être pertinent.
Vous vous questionnez sur votre identité, votre corps ou votre sexualité ?
Vous n'avez pas besoin d'avoir toutes les réponses avant de demander de l'aide.
Les questionnements autour de l'identité de genre peuvent toucher à des dimensions très personnelles : le corps, l'intimité, le couple, le désir, le regard des autres ou encore l'image de soi.
Pouvoir en parler dans un espace confidentiel, bienveillant et sans jugement peut permettre de mieux comprendre ce que vous ressentez.
Si vous souhaitez être accompagné·e dans vos questionnements autour de la sexualité, de l'intimité ou du rapport au corps, je vous accueille en consultation de sexothérapie.
À retenir
La transidentité n'est pas une maladie et il n'existe pas une seule manière d'être trans.
Chaque personne construit son rapport à son identité, à son corps et à sa sexualité de manière différente.
Se questionner ne signifie pas devoir immédiatement avoir toutes les réponses.
Vous avez le droit de prendre le temps d'explorer ce que vous ressentez et de construire votre propre chemin.
Crédit image de magnific
